SYNTHESIS – ARCHITEXTYLE

SYNTHESIS – ARCHITEXTYLE
November 7, 2017 essapmi
Corps qui n’aime pas le froid
Dans regard noir
Plein de détails.
Dans ce dédale d’automne ,
Feuilles mortes dormant au sol
Tapissent asphalte.

Dans cette impasse ,
Au huitième rue du plâtre
Architecture tapisse iris
Derrière vitrines
Sur ce textile bien rare.
Où traces du temps laissent des marques,
D’une beauté rare que beaucoup idolâtres.

C’est en voyageant au travers d’un regard voyageur que l’on découvre l’inspiration d’un créateur.
Celui-ci est discret et humble , en marge de la masse il trace son sillon en silence ,
accompagné d’un collectif qui se surpasse sans cesse dans l’ombre pour donner vie à  la beauté telle que lui la dévoile.
Ziggy Chen, dans sa dromomanie nous plonge dans ces longues pérégrinations où l’on peut voir , sentir , toucher , les différents détails tissés durant ces longues escales. Des zones rurales Nippones à celles de la botte Italienne , le fil se tisse , se faufile , et se surfile sur vieille machine. Entre et dans les patchworks, afin de donner abel à  une eurythmie qui se dessine dans cette collection aux couleurs automnales.


Subtile mélange de laine et lin , tramé et teint dans des contrastes , nous rappelant ces paysages lointains dans lesquels corps voyage. Embaumé comme souvenirs , chez lui l’intérieur est aussi , si ce n’est plus important que l’extérieur car celle-ci en dit long plus qu’on ne le pense. Ce matériau intangible subtilement glissé entre le tissu et la peau devient une couche protectrice pour le corps. Le manteau représente la maison , le confort , quand alpaga et cachemire se rencontrent , afin de réchauffer le coeur , le corps , quand froid tombe dehors.


Textile raconte alors histoires de ces estampes sur toile , où une forme de xylographie prend vie dans le détail ,
des lignes de forces bâtissent des formes loin des rivages d’une manche froide.
Textures sous jute et eau forte , esquissent alors architecture vestimentaire sous des effets et sens que paradoxes annoncent.

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Pléthore de ces motifs retracent des mythes de Grèce antique , comme celui mettant en exergue l’idée selon laquelle Ariane donna sa pelote de fil à Thésée , afin qu’il puisse la dévider dans le labyrinthe crée par Dédale , pour ne pas se perdre après avoir tué le Minotaure dans son sommeil.
C’est en posant une oeillade avertie sur ces détails que l’on découvre aussi des références liées à la Renaissance. La projection qui nous ai offerte dans le passé est une nouvelle traversée , celle des expéditions chinoises qui avaient été lancées à partir de 1405 vers les côtes de l’Asie du Sud – Est , de nombreuses îles de l’océan Indien et de l’Afrique de l’Est sous la conduite de l’amiral Zheng He. Même si celles-ci furent rapidement annulés, il en résulte quand même une chose: des liens étroits entre ces continents , quand les contraires s’attirent sur fil cousu d’une myriade d’émotions et expérimentations , traversant l’espace , le temps , pour un changement de lieu d’exposition.

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Ces créations et notamment cette nouvelle collection dévoile une richesse d’un savoir faire ancestrale , d’une rigueur dans le détail , et d’un travail de recherches et d’expérimentations d’une profondeur insondable.
Le veÌ‚tement n’est plus considéré seulement comme une forme dont il s’agit de retracer l’évolution d’une époque aÌ€ l’autre, il est ici envisagé comme un fait ayant une dimension sociale et économique.
Ces codes endogènes délivrent messages , engendrant un foisonnement de la signification.
Ces vêtements qui ne resteront pas seul dans le fond d’un placard , soulignent bien ce minimalisme si cher à  ce créateur , car ce n’est pas dans l’abondance de choses que l’on y trouve un bonheur sans ecchymoses.